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Date de mise à jour: 30 avril 2003
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La Parole, lumière de vie
Si je ne vois pas, je n'y croirai pas...
Deuxième Dimanche de Pâques [Années A- B-C]
27 avril 2002
Texte intégral de la Parole [Lecture brève]
« C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs.
Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit: « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit à nouveau. :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit:
« Recevez l'Esprit-Saint.
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis;
tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »
« Or, l'un des Douze, Thomas, n'était pas avec eux, quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient: « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara: « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je n'y croirai pas.»
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit:
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas: «Avance ton doigt ici, et vois mes mains; avance ta main, et mets-la dans mon côté: cesse d'être incrédule, sois croyant.»
Thomas lui dit alors: « Mon Seigneur et mon Dieu!»
Jésus lui dit:
«Parce que tu m'as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu.»
- [Jean 20, 19-31]

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Introduction
La Parole de ce dimanche est une belle occasion pour débuter un cheminement de foi, puisqu'elle nous fait comprendre que Jésus nous rejoint là où est notre foi.
Ce que dit la Parole
C'est dans un climat à la fois de crainte et d'espérance que se réunissent autour de Marie les disciples. Ils n'y comprennent rien, mais ils demeurent assidus à la prière.
Tout est nébuleux. Les apôtres, Pierre en particulier, ne sont pas préparés à prendre la relève de Jésus ; en tout cas pas vraiment à la façon du monde de préparer une relève pour la continuité des opérations.
Les apôtres devaient avoir encore frais à l'esprit les paroles de Jésus.
« Rappelez-vous la parole que je vous ai dite:
le serviteur n'est pas plus grand que son maître,
s'ils m'ont persécuté, vous aussi ils vous persécuteront.
On vous exclura des synagogues.
Bien plus, l'heure vient où quiconque vous tuera pensera
rendre un culte à Dieu.
Mais je vous ai dit cela,
pour qu'une fois leur heure venue,
vous vous rappeliez que je vous l'ai dit. » [ Jean 15, 20 ; 16,2 . 4 ]
« Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire
et être baptisé du baptême dont je vais être baptisé ? »
Ils [Jacques et Jean, fils de Zébédée] lui dirent : « Nous le pouvons. »
Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez,
et le baptême dont je vais être baptisé, vous en serez baptisés. »
[ Marc 10, 38-39 ]
Quel est leur avenir ? Comment se réorganiser ? Ils pourraient tout abandonner, sachant pertinemment que leur vie était menacée. Au contraire, ils tiennent bon et prennent leurs forces dans l'assemblée de la frêle communauté et dans l'espérance que ravivent leurs prières.
Lors de cette rencontre, les disciples étaient enfermés à doubles tours « par peur des Juifs ». Ce fut une journée bouleversante : le tombeau qui était trouvé vide et en plus Marie-Madeleine leur révélant que Jésus était ressuscité.
Comme pour venir à la rencontre de notre fragilité dans la foi, Jésus vient au milieu d'eux. Au cours de cette première apparition, il y eut plus encore que la présence de Jésus Christ ressuscité. Il leur insuffla son esprit et les investit de leur mission sacerdotale :
«Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit:
« Recevez l'Esprit-Saint.
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis;
tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »»
[ Jean 20, 22-23 ]
Une mission sommes toutes qu'ils ne peuvent encore comprendre. Si les disciples ont ces nouvelles grâces de nature baptismale à la suite de Jésus ( baptême de Jésus où l'Esprit descendit sur lui ) , ce n'est pas encore le paraclet de la Pentecôte. Serait-ce donc des grâces , l'Esprit de Jésus, qui viennent purifier le coeur des disciples pour les prédisposer à recevoir le Paraclet ?
C'est en connaissant ce contexte qu'on peut mieux comprendre la seconde apparition où les disciples étaient encore en huis clos.
Il réapparaîtt à nouveau huit jours plus tard, en présence cette fois-ci de celui là même qui disait:
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je n'y croirai pas.» [Jean 20, 25]
Jésus se tient au milieu de leur détresse. C'est donc dire que Jésus se fait proche de leurs sentiments, de la peur qui les habite. Il se rend aussi au désir de Thomas d'avoir un signe tangible, non seulement de l'existence de Jésus, par la résurrection, mais de sa présence physique, tel qu'il était sur la croix. Jésus se rend à son désir même si la résurrection fut une victoire sur la mort. Jésus accepte de partir de là où en est le cheminement de Thomas.
Comment alors comprendre la monition « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » ?
En fait, cette parole n'est pas une malédiction pour ceux qui ont besoin de voir, mais que la foi sera plus présente à soutenir le croyant dans les périodes de déserts spirituels où rien ne semble se passer.

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La Parole, lumière de vie pour nous, aujourd'hui
Comme nous nous reconnaissons en Thomas, nous qui vivons dans un monde rationnel. Quel enseignement nous donne Jésus à partir de Thomas qui ne croyait pas sans avoir vu ?
Dans un premier temps, Jésus accueille Thomas dans son manque de foi; Il sait que croire en une Résurrection est au-dessus de la raison humaine. Il l'accueille dans son manque de foi car il voit dans le coeur de Thomas que son doute se transformera en une foi inébranlable. En effet, croire naïvement sans éprouver notre croyance n'est pas nécessairement un gage de foi inébranlable dans le temps. Par contre, le fait de douter au départ et de croire ensuite dans le respect de notre cheminement propre devient une profonde conversion et notre foi sera d'autant plus portée par notre profonde conviction.
Cette Parole aujourd'hui nous inspire que Jésus Christ ressuscité nous rejoint là où nous sommes dans notre cheminement. Que ce soit dans la fragilité de notre foi, dans notre incrédulité même, ou encore au coeur de nos hésitations, de nos doutes de nous-mêmes à professer notre foi dans nos milieux, de nos peurs également, Jésus nous y rejoint. Il nous donne le souffle à la mesure de la personne que nous sommes au moment présent et non comme nous devrions être au terme d'un cheminement spirituel, si terme il peut y avoir.
Tout comme le souffle de la première rencontre n'est pas la Pentecôte où les portes s'ouvriront avec une force spirituelle, les grâces et les dons nous sont donnés au fur et à mesure de nos missions, tantôt pour vaincre nos épreuves. Oui! Après chaque deuil il y a une résurrection et un esprit nouveau.
Lorsque Jésus dit: «Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu.», il dit à Thomas que sa présence physique ne sera pas toujours là pour nous donner un signe de sa présence. Par contre, il nous invite à reconnaître les signes de sa présence dans notre vie, ainsi nous pourrons croire en sa Résurrection et nous pourrons lui dire, comme Thomas, avec la sincérité de notre coeur: « Mon Seigneur et mon Dieu!»

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Pistes de réflexion
Que nous révèle, à chacun, chacune de nous, cette Parole, ici, aujourd'hui ? Je choisis un ou plusieurs des points ci-après.
- Ai-je la foi ?
- Peut-être que je ne crois pas. Je me replonge dans cette rencontre intime entre Thomas et Jésus et je me laisse accueillir tel que je suis, par la présence spirituelle qui m'habite.
- Si je crois, comment je manifeste ma foi ?
Je prends conscience autant de mes audaces que de mes craintes. [ Je nomme des manifestations ]
- Ai-je besoin de signes tangibles pour croire ?
Je nomme des circonstances où j'ai reçu les signes dont j'avais besoin.
Est-ce que ces signes renforcent ma foi ou en demandai-je toujours d'autres sans les faire pénétrer dans mon coeur de croyant ?
Je médite sur cette Parole évangélique à la lumière de mon expérience de vie :
« Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les mets en pratique est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s'est rué sur cette maison, mais il n'a pu l'ébranler, parce qu'elle était bien bâtie. Mais celui au contraire qui a écouté et n'a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s'est rué sur elle, et aussitôt elle s'est écroulée; et le désastre survenu à cette maison a été grand ! » [ Luc 6, 47-49 ]
Je rends grâce à Dieu pour son infinie miséricorde et son amour inconditionnel.
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Lecture d'appoint suggérée
ENTRE JEUDI ET DIMANCHE
Raphaël Pirro
Sous forme de pièce de théâtre, les jours de la Passion de Jésus, tels qu'ils ont pu être vécus par Lazare, Marie-Madeleine, les apôtres... Raphaël Pirro a su capter et transmettre ce souffle intérieur qui nous fait passer de l'état de spectateur passif à la dynamique d'acteur dans la Passion de Jésus, et cela avec des touches progressives qui permettent à chacun d'avancer avec ses résistances, ses doutes, ses propres chemins de sens et de foi.
15 x 20,5 cm - 160 p. - 2-89129-323-1
17,95$ - 105FF - 16,01 euros
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ENTRE JEUDI ET DIMANCHE
Raphaël Pirro
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ACTE 3 - SCÈNE 9
(Extrait de Entre jeudi et dimanche, de Raphaël Pirro, p. 90-94.
Copyright Éditions Anne Sigier. Reproduction interdite.)
Pierre - Thomas - Lazare - Matthieu - Philippe - Marc
Pierre, à Thomas, suivant d'un regard compatissant les compagnons qui s'éloignent:
-- Les pauvres!... La condamnation de notre Maître a jeté dans leurs esprits le désarroi. Je vous demande donc d'être plus circonspects!
Thomas:
-- Nous tous, Pierre, sommes ébranlés..., mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir.
Philippe:
-- Je te connais bien, Thomas, et tu n'as pas besoin être circonspect avec moi... Mais vous, Lazare, vous n'avez pas encore dit ce qui est arrivé à notre Maître après la condamnation prononcée par le sanhédrin.
Lazare:
-- Eh bien! Caïphe et sa clique, sachant qu'ils ne pouvaient pas exécuter leur sentence de mort, ont décidé de livrer Jésus au gouverneur romain comme un agitateur politique. La forteresse Antonia, quartier général du gouverneur, étant à proximité du Temple, cela a pris peu de temps.
Philippe:
-- Et le gouverneur a acquiescé à leur requête? Facilement? Je ne le crois pas.
Lazare:
-- Bien sûr que non. Ponce Pilate méprise les Juifs, surtout les grands prêtres et le sanhédrin. D'ailleurs, sa femme, une amie de la mère de Marc, l'avait mis en garde.
Marc:
-- Oui, maman a rencontré la femme du gouverneur hier soir, et de nouveau tôt ce matin. Maman m'a dit que la pauvre dame Claudia a fait un cauchemar toute la nuit et qu'elle avait supplié son mari Pilate de ne pas condamner cet homme juste.
Lazare:
-- Ponce Pilate n'est pas méchant, mais il a peur d'être dénoncé à Rome...
Philippe:
-- Dénoncé par Hérode, bien entendu! On sait que le roi Hérode se livre à des intrigues contre lui à la cour de l'empereur Tibère.
Lazare:
-- Alors, quand Pilate a su que Jésus venait de la Galilée et qu'il relevait de l'autorité d'Hérode, il l'a envoyé à Hérode... Marc, je t'ai vu, ce matin, à la cour d'Hérode avec tes parents. Dis-nous ce que tu as vu.
Marc:
-- Le roi Hérode, qui, comme dit ma mère, ne connaît ni Dieu ni diable, s'est réjoui en voyant Jésus. Depuis longtemps, il désirait le voir à cause de ce qu'il entendait dire de lui. Il espérait le voir faire quelque miracle. Il lui a posé beaucoup de questions, mais Jésus est resté muet tout le temps. C'était une grande déception pour Hérode, mais il s'est vengé en traitant Jésus comme un fou, en tournant ça à la blague..., une blague que le gouverneur lui aurait jouée. Ainsi, il a commencé à rire aux éclats et toute la cour s'est mise à rire avec lui... Enfin, il a fait revêtir Jésus d'un manteau rouge, comme un roi, et l'a renvoyé à Pilate...
Philippe:
-- Ainsi, le roi Hérode et le gouverneur Ponce Pilate se sont amusés aux dépens de Jésus!
Thomas:
-- Pilate aussi.
Lazare:
-- Pilate ne voulait pas condamner Jésus. Plusieurs fois, il a dit aux chefs religieux: «Je ne trouve en lui aucun motif de le condamner.» Il a essayé divers subterfuges pour le relâcher: il l'a fait flageller et l'a montré sanguinolent à la foule en croyant pousser cette foule à la compassion. Il a proposé une amnistie pour la Pâque, en offrant à la foule le choix entre Jésus et le bandit Barabbas, mais en vain. La foule, un ramassis de prêtres fanatiques, de changeurs de monnaie, de laquais et de marchands du Temple, à l'incitation des grands prêtres, a préféré la libération du bandit Barabbas et s'est mise à crier de plus en plus fort: «Crucifie-le, crucifie-le»...
Pierre, en se tirant les poils de la barbe:
-- Quelle horreur!
Thomas, Philippe et Matthieu:
-- Incroyable!
Marc cache sa tête entre les bras de Lazare, qui maîtrise à grand-peine son émotion.
Lazare:
-- Pilate est un faible. Il a commencé à céder quand il est sorti du prétoire pour parler aux grands prêtres: ceux-ci refusaient d'y entrer pour ne pas se souiller...
Philippe (en ricanant):
-- Ne pas se souiller! Les scrupuleux! De vrais sépulcres blanchis, comme les a bien définis Jésus...
Lazare:
-- Pilate a pris peur quand la foule s'est mise à crier: «Si tu relâches cet homme, tu n'es pas ami de César!»
Philippe:
-- Incroyable! Les Juifs qui crient cela à l'autorité romaine!
Lazare:
-- Et ainsi, Ponce Pilate s'est décidé à faire crucifier Jésus sous l'accusation de s'être proclamé «roi des Juifs». Il s'est moqué d'eux!...
Finalement, il éclate en sanglots...
L'exécution se fait au moment même où je vous parle...
Matthieu:
-- Ainsi s'accomplit la vengeance de Caïphe et de sa clique contre Jésus qui, selon eux, aurait mis le Temple en danger. Eux qui, au nom de Dieu, veulent régir notre vie, ils sont prêts à collaborer avec les occupants romains pour protéger leurs sacrés intérêts...
Thomas:
-- C'est pour cela qu'ils veulent la bonne entente; «pas d'histoires» avec des agitateurs qui se disent Messies ou rois d'Israël, et qui sèment la discorde. Mais dans le cas de Jésus, ils n'ont rien compris...
Lazare:
-- Ainsi, comme disait tout à l'heure Marie-Madeleine: «En faisant crucifier Jésus comme un vulgaire agitateur politique, ils lui ont volé sa mort d'envoyé de Dieu.» C'est cela qui me fait le plus mal.
Un très fort orage explose: violentes rafales de vent, foudre et fracas de tonnerre. Le jeune Marc, pris de panique, se jette dans les bras de Pierre qui le porte dans la maison.
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| Un remerciement particulier à Madame Anne Sigier qui nous permet de vous offrir les informations qui suivent. Pour visiter son site:
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