Plume de Jacques - Travail - bonheur - spiritualité
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Plan du texte «Travail - Bonheur - Spiritualité »

TRAVAIL-BONHEUR-SPIRITUALITÉ

LA RECHERCHE D’UN MIEUX VIVRE

À chaque jour, la vie nous apporte des tensions, des rivalités internes. Bien souvent, elle nous place devant des aspirations contradictoires qui nous affectent au point où nous en arrivons à croire que nous ne pourrons jamais parvenir " à être vraiment nous-mêmes ".

Nous gardons tout ce bagage en dedans de nous sans trop savoir quoi en faire et surtout comment le gérer. Puis peut venir un temps, où tellement agacés par ce que nous portons à l’intérieur, nous nous enfermons dans une d’incapacité d’être bien, bien dans sa peau, bien vivre. Notre vie semble devenir insignifiante parce que nous avons de la difficulté à donner un sens à ce que nous vivons.

LA RECHERCHE D’UNE SPIRITUALITÉ

Nous sommes aussi en recherche de chemins intérieurs qui pourraient venir éclairer nos doutes, donner sens à nos échecs, nous replacer dans un état d’espérance devant les épreuves.

Nous sommes souvent interpellés par tout ce que nous vivons, ce que nous voyons, ce que nous endurons pour en arriver un bon matin à nous demander s’il vaut vraiment la peine de nous lever. Nous avons oublié le côté spirituel de notre être étant sans doute préoccupé de vivre à la journée. Comment survivre à ces tempêtes intérieures qui se lèvent dans les moments où nous ne les attendons pas ? Où trouver une lumière pour nous guider vers le bon port ? Pourtant, nous connaissons bien le danger qui nous guette : faute de réponse ou de direction, nous nous enfonçons dans les possibilités de vivre un burn out, un épuisement professionnel, une dépression, c’est à dire " cette incapacité de goûter la joie de vivre, l’incapacité de ressentir le plaisir et le bonheur d’être. " (Yvon St-Arnaud, la guérison par le plaisir, Novalis, p. 195)

Fatigués d’être nous-mêmes, d’être ce que nous sommes, nous nous sentons couler dans un abîme sans fond.
Pour beaucoup d’entre nous, même si nous sommes soucieux/soucieuse de vivre pleinement notre vie de couple, le travail en équipe, notre engagement social, nous devenons comme paniqués devant la vie.
Qui suis-je ? Suis-je reconnu ? Est-ce que j’existe vraiment ? Est-ce que je ne me fais pas avoir ?

LE MONDE DU TRAVAIL

Le monde du travail est actuellement plongé dans de nouvelles formes d’obscurité.

Les attentes auxquels plusieurs d’entre nous doivent répondre au quotidien se multiplient et se complexifient sans cesse. Nous voilà donc en terrain d’instabilité et de mal de vivre qui font que tant d’entre nous sommes perdus par rapport à nous-mêmes.

Dans ces moments nous pouvons être tentés de tout abandonner ou de nous laisser à des simplifications abusives en nous disant que cela va passer.

QUEL CHEMIN PRENDRE ?

Est-il possible dans ces conditions d’être heureuse/heureux à la maison, au travail, avec notre famille, avec les amis(es), avec nous-mêmes ? Le travail peut-il apporter un sens à notre vie ? Ou est-il seulement là pour nous permettre de gagner notre pitance et essayer de nous procurer des petites douceurs… quand nous ne sommes pas trop fatigués pour les vivre ou de nous procurer des biens matériels qui s’usent plus vite que nous avons le temps de les payer.

Ma vie de couple, ma vie amoureuse, ma relation avec mes enfants, avec ma famille, mes amis sont-elles menacées parce que mon travail a pris toute la place ? Non pas en raison du nombre d’heure que j’y consacre mais parce qu’il envahit tout simplement ma vie au point de l’empoissonner et la rendre insignifiante.

D’abord, il nous faut continuer la lutte pour des meilleures conditions de travail. Car la recherche de conditions de travail justes, équitables et à dimension humaine, doit être une priorité pour tout travailleur/travailleuse s’il veut trouver un équilibre dans sa vie pour lui permettre de vivre et non de survivre.

Mais vouloir que la société vive mieux, vouloir que par le travail l’homme et la femme d’aujourd’hui soit bien dans leur peau, c’est d’abord vivre mieux soi-même, se changer soi-même.




ALLER VERS SOI POUR RETROUVER LA FOI

Il faut d’abord aller vers la paix en soi-même. Devenir des êtres capables de s’inventer un chemin spirituel pour trouver un chemin de vie. Il faut même retrouver la foi, être capable de l’exprimer et de la vivre pour que ma vie ait un sens.

Il ne faut pas considérer la foi comme une sorte d’assurance contre la vie. Tout au contraire. La foi est ce qui nous permet d’évaluer les choix qui s’offrent à nous en fonction de ce qui est vraiment réel et important dans la vie et, enfin de compte de garder le cap sur l’essentiel.

Ne pas avoir de foi, c’est perdre de vue non seulement où nous allons mais aussi la raison pour laquelle nous y allons. Sans la foi, nous ne voyons plus clairement non seulement où nous en sommes mais où nous avons été.
L’incroyance ou l’absence de définir sa foi engendre la confusion, nourrit le sentiment que la vie est absurde et nous laisse une sensation de lassitude et d’essoufflement.

Faute de croire en quelque chose de plus grand que nous, les réponses à la question de savoir pourquoi nous sommes là et comment il faut vivre s’estompent.

La vie se rétrécit alors aux dimensions de notre petit monde à nous. Et nous devenons prisonniers de notre petit moi, lui-même pris au piège d’une cage encore plus petite.

Mais il y a aussi une forme insensée de la foi. Cette foi qui se nourrit de réponses absolues à des questions sans réponses, une foi qui exige des preuves de ce qui est indémontrable, une foi qui cultive la magie plutôt que le mystère.

Sous le masque de la vertu, ce genre de foi s’accommode des règles et des règlements, des critères d’admissibilité et des jugements de Dieu pour nous contrôler. Elle ramène Dieu à notre taille. Elle s’efforce d’apporter la fausse sécurité. Cette foi se sert de Dieu comme une béquille. C’est une sorte de régime d’assurance spirituelle. Avec une telle foi, nous pratiquons peut être une religion mais nous courons le risque de passer à côté de Dieu et de ne pas le connaître. Dieu ne se laisse ni enfermer ni ligoter.




RESPONSABLES DE LA VIE

La vérité, c’est que la vie n’est pas donnée d’avance. Nous en sommes les co-créateurs-créatrices. Nous avons la terre entre nos mains. La vie est à notre merci.
" La première jouissance de la vie humaine, c’est à dire la jouissance capitale pour l’être humain, ce n’est pas celle d’être aimé, mais celle de pouvoir être l’auteur de quelque chose de valable. Autrement dit, dans l’être humain, le besoin "d’être auteur de… " semble beaucoup plus profond que le besoin d’être aimé. " (Yvon St-Arnaud , Idem, p. 201)

Je ne peux changer ma vie qu’en disant "je crois ". Dire, " je crois " c’est dire oui au mystère de la vie.

Je suis toujours frappé en lisant l’Évangile de découvrir comment Jésus guéri. Il prend toujours la peine d’interroger les personnes en leur demandant si elles sont capables ou veulent poser d’abord un acte de foi à la vie : c’est comme s’il leur demandait : es-tu sûr que tu es capable de vivre autrement ?

Un jour dix lépreux se sont présentés à lui en criant : " Jésus, maître, aie pitié de nous. " (Luc 17, 11-19) Il les a renvoyés en leur disant d’aller se montrer aux prêtres (à cette époque se sont les prêtres du temple qui diagnostiquaient la maladie de la lèpre). Mais en chemin ils furent guéris. Un seul est revenu vers Jésus… assez bien dans sa peau neuve pour prendre le temps de remercier. " Va ta foi t’a sauvé " lui a-t-il répondu. Au fond il lui disait : " Sois assez bien dans ta peau pour découvrir par toi-même une nouvelle vie ".

LE VIDE

Il nous arrive de nous retrouver devant le vide. Bien des raisons nous y conduisent. Notre course effrénée dans le travail pour nous prouver souvent que nous sommes capables d’aller toujours un peu plus haut, un peu plus loin, nous permet de croire pour un moment que nous pouvons remplir ce vide. Nous oublions que ce qui nous vide est cet esclavage que nous développons en nous mettant au service de tous ces dieux qui envahissent nos vies : dieu de la réussite, dieu de l’argent, dieu des amis, dieu des félicitations, dieu de la possession, dieu des gadgets, dieu des illusions, dieu des rêves de la Loto, dieu de la santé, dieu du bien être, dieu des vacances.
Tout ce qui nous fait vivre par petits bouts sans être capable de les attacher ensemble.

JE CROIS

J’aime bien, dans ces moments, être capable redire la première phrase de mon credo : " Je crois en un seul Dieu ". Le Dieu qui permet de recréer ma vie intérieure à tout instant.

" Je crois en un seul Dieu " pour me rappeler de me débarrasser de mes autres dieux. Il m’arrive alors de réaliser qu’en croyant en " un seul Dieu ", ma vie devient une joie à vivre, elle devient moins encombrée, plus simple, plus libérée de toutes sortes d’appels extérieurs. Dire "je crois en un seul… " me permet d’entendre en moi ces appels intérieurs, ces appels qui m’invitent à me réaliser, à vivre ma vie.

" Croire en seul Dieu " plutôt qu’en plusieurs dieux nous rend les exigences de la vie moins grandes, plus accessibles.

Je suis conscient qu’il ne s’agit peut être pas l’idée la plus à la mode présentement, du moins ce n’est pas ce qui alimente le plus souvent nos conversations, les médias et l’ensemble de la société. Mais Dieu n’a tout de même pas crée l’être humain et l’univers pour que nous aboutissions dans un chaos.

Le risque de croire est un seul Dieu pourrait nous permettre de retrouver la paix. Le risque de croire en un seul Dieu pourrait nous permettre de trouver ce qui nous empêche de vivre et de bien vivre.
" Je suis venu que vous ayez la vie en abondance, en surabondance " (Jean 10, 10) a-t-il promis. Pourquoi, s’en priver Devenir capable de dire comme le Christ lorsqu’il parle de sa vie : " Personne ne me l’enlève, mais je m’en dessaisis de moi-même. " (Jean 10, 18)

Mais dire je crois en un seul Dieu signifie que je m’engage à faire de Dieu une présence au centre de ma vie, dans le brouhaha de mon quotidien, dans l’amertume de mes combats.
Un travail spirituel qui dure toute une vie mais qui me permet de découvrir comment Dieu met à l’œuvre en moi toute sa puissance de créateur pour me permettre créer ma propre vie.

Jacques Gourde, ptre
Centre d’aide Paix-Dieu
Colline parlementaire
jacques.gourde@sympatico.ca